LE PILLAGE DE MADERE - Lot 291

Lot n° 291
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Estimation :
800 - 1000 EUR
LE PILLAGE DE MADERE - Lot 291
LE PILLAGE DE MADERE PAR L'AVENTURIER PEYROT DE MONLUC CATHERINE DE MÉDICIS. Lettre signée « Caterine », contresignée par Jacques Bourdin en qualité de secrétaire d'État, adressée à l'ambassadeur de France à Madrid, Raymond de Beccarie, sieur de Fourquevaux. Château de Saint-Maur [dans l'actuel département du Val-de-Marne], 24 novembre 1566. 1 p. 1/2 in-folio, adresse au dos avec cachet armorié de cire grenat, fentes dues au système de clôture de la lettre, trace d'onglet. Fils du maréchal et mémorialiste, le capitaine Pierre-Bertrand dit Peyrot de Monluc avait attaqué l'île de Madère au début d'octobre 1566 : il avait mis à sac Funchal, fait main basse sur le sucre et le vin, pillé la cathédrale et les couvents, et fait des prisonniers pour les vendre comme esclaves. Souvent présenté comme une réponse aux massacres des colons Français de Floride (quoique perpétrés par des Espagnols), cet acte de piraterie fut cependant unanimement condamné en Europe. À la date de la présente lettre, Catherine de Médicis n'avait pas encore reçu la nouvelle que Peyrot de Monluc avait été tué à la suite du pillage. « Vous faisant le roy monsieur mon filz [Charles IX] ample response sur le contenu en la depesche que luy avez faicte du iie de ce moys, je n'y adjousteray que une seulle chose qui est que JE SUYS SI ENNUYEE ET OFFENSEE DE CESTE INCURSION ET INVASION QUE LE JEUNE MONTLUC A FAICTE EN L'ISLE DE MADAIRE, POUR LE TORT QU'IL FAICT EN CELA A N[OST]RE REPUTA[TI]ON pour les autres depreda[ti]ons qu'il exerce non seullement sur les subjects des princes nos amys et alliez mais sur les n[ost]res propres, que je ne desire que de le veoir en lieu ou le roy mond[ict] sr filz en puisse FAIRE F[AIR]E TELLE PUGNICION DEMONSTRA[T]ON QUE LA [CHRET]IENTE COGNOISSE COMBIEN NOZ INTEN[TIONS] SONT ENNEMYES ESLOIGNEES DE TELLES HOSTILITEZ, desirons vivre en amitié avec tous princes [chret]iens nos amys, ne pouvant penser qu'il y ayt homme vivant qui, considerant les deportemens dud[ict] jeune Montluc, sans passion, ne juge qu'ilz ne peuvent proceder que de la rage d'un homme desesperé, lequel serchant sa ruyne veult faire parler de luy aux despens indifferemment de tous ceulx ausquelz il estimera pouvoir porter quelque dommaige comme il a faict depuys son partement. Je suys bien ayse de l'esperance que vous me donnez que la royne ma fille [Élisabeth de Valois] acompagnera le roy son mary [Philippe II d'Espagne] en son voyaige de Flandres, ou, demeurant en Espaigne, que ce sera avec l'auct[orit]é qui luy appartient, en quoy vous la conforterez admonesterez de conduire ce faict avec toutes les gracieus[es] doulces prieres remonstrances qu'elle cognoistra les plus propres pour y conduire persuader led[ict] roy son mary. Et pour ce qu'il nous importeroit de beaucoup d'estre bien asseurez esclercyz de l'occa[si]on de ce mescontantement que vous nous mandez estre survenu entre l'empereur led[ict] roy d'Espaigne, si vous en pouvez descouvrir les particularitez, vous ne ferez peu de service au roy mond[ict] sr filz de l'en advertir et si cela sera pour continuer ou non... » Catherine de Médicis évoque ensuite entre autres la pension qui est accordée par la France à un agent double, António de Almeida. IL REGNAIT A L'EPOQUE UNE FRAGILE ENTENTE DIPLOMATIQUE ENTRE LA FRANCE ET L'ESPAGNE : comme suite à la paix du Cateau-Cambrésis en 1559, le roi Philippe II d'Espagne avait épousé Élisabeth de Valois, fille de Henri II et de Catherine de Médicis, donc sœur de Charles IX. HOMME DE GUERRE, THEORICIEN MILITAIRE ET DIPLOMATE, LE SIEUR DE FOURQUEVAUX (1508-1574) débuta dans les armes en Italie, notamment auprès du maréchal de Lautrec. Fait prisonnier par les Espagnols au siège de Naples (1528), il ne rentra en France qu'en 1530 après la paix de Cambrai. Il participa encore à la campagne de Savoie, et occupa ensuite la charge de gouverneur de la ville de Narbonne de 1557 à 1565 puis de 1572 à sa mort. Il tira de son expérience militaire la matière d'un traité intitulé Instruction sur le fait de la guerre, qu'il publia en 1548 (Paris, Galliot Du Pré). Fourquevaux, dont la fidélité et l'habileté furent rapidement reconnue, se vit confier plusieurs missions diplomatiques, en Écosse (en 1538, pour escorter Marie de Lorraine qui allait épouser Jacques V), en Irlande, en Italie et en Bohême, avant d'être nommé ambassadeur de Charles IX auprès de Philippe II d'Espagne : de 1565 à 1572, il occupa ce poste stratégique en œuvrant au maintien de la paix entre les deux nations, ce qu'il accomplit avec succès, apaisant par exemple le conflit élevé à la suite du massacre des Français par les Espagnols en Floride (1565). C'est lui qui demanda son rappel à la mort de la reine d'Espagne Élisabeth de Valois, estimant que la fin de l'influence bénéfique de celle-ci sur la politique espagnole faisait planer de nouveau une menace de guerre, et que, dès lors, il serait lui-même plus uti
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